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Onyx Boox Max3: une tablette pas comme les autres

En tant que chroniqueur techno, j’aime utiliser le meilleur outil pour chaque tâche. C’est pourquoi j’aime lire avec une liseuse, pour l’affichage en papier électronique doux pour les yeux, et que j’adore la tablette reMarkable pour prendre des notes (je m’en sers depuis quelque temps pour écrire mon journal, pour ne jamais manquer de papier). Mais les deux outils n’ont pas tout à fait la même flexibilité qu’un téléphone ou une tablette: les fonctionnalités sont limitées et on ne peut pas y installer d’applications.

C’est là qu’arrive la BOOX Max3 – une tablette comme aucune autre tablette (c’est leur slogan!).

Pour voir ma chronique sur le BOOX Max3 de Onyx à l’émission Planète techno.

Elle se distingue par son énorme écran de 13,3 pouces en papier électronique, de 2200 par 1650 pixels de résolution (207 points par pouces, entre le Kindle de base, 167 ppp et la Kindle Oasis, 300 ppp). C’est une surface pour écrire et dessiner presque aussi grande qu’une page 8 1/2 par 11! C’est drôlement pratique pour remplir des formulaires ou annoter des documents PDF. La taille est aussi parfaite pour lire des mangas, ou pour afficher et annoter des partitions musicales. On peut même afficher un document d’un côté et écrire de l’autre, pour prendre des notes en lisant.

Tablette Boox Max3 papier électronique stylet

On peut retourner le stylet pour effacer, comme avec un crayon à mine.

La tablette a 64 Go de stockage interne, ce qui est suffisant pour des milliers de documents. Il n’y pas de lecteur de carte micro SD, mais on peut y ajouter du stockage avec une clé USB C. On peut choisir de synchroniser automatiquement ses notes avec Dropbox, Evernote et OneNote, ou installer Google Drive. Mais il est aussi facile de transférer des fichiers très vite entre deux appareils avec l’application préinstallée Transférer, du moment qu’on est sur le même réseau wifi. Il n’y a qu’à numériser un code QR, ou se connecter à l’adresse web de la tablette.

La pile de 4300 mAh lui donne une autonomie dont je n’ai pas encore vu le bout. Le niveau de la pile ne baisse pratiquement pas en mode veille (c’est peut-être parce que le wifi est désactivé par défaut). Le processeur 8 cœurs de 2 GHz avec 4 Go de RAM donne à l’appareil une bonne réactivité.

Malgré sa taille, la Boox Max3 reste très mince (6,8 mm) et légère (490 g), ce qui est similaire au iPad de 10,2 pouces (7,5 mm et 483 g)

En plus du Play Store, il y a aussi un marché d’applications optimisées

La Boox Max3 se distingue aussi parce qu’elle est basée sur Android 9, pas une version désuète ou un système propriétaire. On peut donc y installer des applications Android, après avoir activé le Play Store dans les réglages. On pourra donc l’utiliser pour lire ses livres et documents électroniques, peu importe leurs formats ou leurs provenances, que ce soit Amazon, sa bibliothèque municipale ou d’autres service en ligne. On pourra aussi lire ses articles mis de côté avec un service comme Pocket.

Écran en papier électronique

Ne pas être une tablette comme les autres a aussi ses inconvénients. Comme l’écran en papier électronique n’est pas éclairé, il faut de la lumière pour le voir, comme une feuille de papier!

L’affichage est en 16 nuances de gris: pour regarder des photos ou des applications comme La Presse+, l’image sera souvent difficile à voir.

Surtout, le rafraîchissement de l’écran n’est pas aussi rapide que celui d’un écran LCD ou Amoled (on est loin du 90 Hz!). S’il est possible de regarder des vidéos, il faudra changer le mode de rafraîchissement pour obtenir quelque chose qui permettra de se dépanner. Et il ne faut pas penser utiliser la Boox Max3 pour jouer à des jeux rapides!

Comme elle a un micro intégré et des hauts-parleurs, on peut s’en servir comme enregistreur numérique ou pour écouter de la musique. On indique même qu’on peut s’en servir comme mini ordinateur en y branchant un concentrateur, un clavier et une souris.

J’ai pu l’utiliser le stylet de la reMarkable et du Note de Samsung.

On peut personnaliser une «bille de navigation» affichée dans l’écran pour accéder plus rapidement à des fonctions comme changer le volume, revenir à l’application précédente, activer le wifi ou faire des captures d’écran.

Comme moniteur externe

Et il y a la possibilité intrigante – se servir de la Boox Max3 comme moniteur externe, avec son entrée micro HDMI. Il faut bidouiller pour trouver les réglages de résolution et de rafraîchissement idéaux pour que ça donne quelque chose de correct, surtout, pour les pages dont le rafraîchissement n’est pas rapide.

C’est une option qui pourrait être pratique à l’occasion avec un ordinateur portable. Malheureusement, l’écran affiché ne sera pas tactile.

La recharge se fait par USB C. Si on s’en sert comme moniteur, on suggère d’alimenter l’appareil pour que la pile ne se draine pas trop vite.

Il y a aussi un lecteur d’empreintes digitales intégré pour protéger ses documents.

Les mises à jour de la Boox Max3 sont fréquentes

Même si c’est une tablette, la Boox Max3 reste quand même un outil spécialisé: une super liseuse avec des fonctions de tablette. Les mises à jour sont fréquentes et ont réglé la plupart des bogues que j’ai rencontrés au départ, le fonctionnement n’est pas toujours intuitif. Par exemple, les applications doivent être «optimisées» pour avoir les meilleurs résultats, si on n’utilise pas les quelques applications suggérées dans le marché d’application officiel. On n’aura pas droit non plus aux menus habituels des paramètres Android. Pour installer des applications, le plus simple est de passer par le Play Store dans le navigateur web d’un ordinateur.

C’est quand même un produit qui surprend, luxueux, qui combine confort pour les yeux, le plaisir d’écrire avec un stylet, la possibilité d’installer des applications et la très grande taille d’écran); c’est vraiment agréable pour la lecture et la prise de notes confortables.

Comme tout produit bien conçu, le prix du Boox Max3 est plutôt élevé. C’est plus cher qu’un iPad, et sensiblement le même prix qu’un iPad pro de 11 pouces, deux valeurs sûres. La compagnie Onyx offre aussi des tablettes en papier électronique de plusieurs tailles, moins coûteuses.

Chose certaine, j’ai bien hâte de voir les prochains produits d’Onyx.

P.

Par pascalforget

Chroniqueur et journaliste en technologie et en science.