Freewrite AlphaFreewrite Alpha - Photo Astrohaus

L’Alpha est un clavier mécanique jumelé à un petit écran. Un appareil minimaliste, inspiré du légendaire AlphaSmart, conçu pour taper sans distraction, comme une machine à écrire. C’est la version la plus abordable des claviers Freewrite d’Astrohaus. Mais si des mises à jour ne corrigent pas certains problèmes, il ne conviendra pas à ceux qui tapent sérieusement en français

Un look épuré

Contrairement au Freewrite Traveler, l’Alpha n’est pas compact – il est à peu près de la taille d’un laptop de 13 pouces. Il pèse 700 grammes – 1,6 livres.

Le clavier mécanique utilise des touches Kailh Choc V2 – on sent bien chaque frappe. Il n’y a toutefois pas beaucoup d’espace entre les touches qui sont de « profil bas », comme celles d’un laptop. On pourra les remplacer au besoin par des jeux de touches au standard MX – comme celle de l’excellent clavier Nuphy.

L’affichage FSTN LCD style calculatrice réagit instantanément – contrairement à ceux en papier électronique. On pourra afficher 2 à 4 lignes de texte, en fonction de la taille de l’affichage. Il sera parfaitement lisible en plein soleil… Mais il est plutôt sombre. Il n’est pas éclairé – un très étrange choix de design. Il faudra prévoir une lampe de lecture pour taper le soir.

Un petit trépied peut être déployé pour ajuster légèrement l’angle du clavier. J’aurais aimé qu’un couvercle ou un capot protège les touches quand je le transporte l’Alpha dans mon sac à dos.

Système ultra minimaliste

L’Alpha est un outil pour créer des brouillons sans distraction, pour être révisé et mis en page avec son ordinateur. Il démarre instantanément à l’endroit où on a fini de taper la dernière fois. Il n’y a pas d’autocorrecteur ni de choix de police. Pour une mise en page de base, il faudra utiliser le format Markdown.

Connecté à internet, les documents sont sauvegardés régulièrement avec le service Postbox. On pourra aussi choisir de les synchroniser avec Google Drive ou OneDrive. Les documents sont accessibles en format texte en branchant l’Alpha dans le port USB C d’un ordinateur. On pourra aussi s’envoyer le texte par courriel au besoin.

Appuyer sur les deux boutons « New » en même temps démarre un nouveau texte. Appuyer sur New et pg up ou pg down permettra de passer d’un texte sauvegardé à l’autre.

Pour se motiver, on pourra afficher la durée de sa session d’écriture et le nombre de mots tapés en maintenant la barre d’espace.

Trop minimaliste ?

Le stockage total de l’Alpha ne fait que 7 Mo, et le stockage réservé au texte est d’environ 2 Mo – un stockage similaire à ceux d’une disquette des années 80 ! (Il y a 1000 Mo dans un Go !) C’est suffisant pour des fichiers .txt… Ça laisse toutefois peu de marge de manoeuvre pour les mises à jour logicielles.

Grand besoin de mises à jour

Au moment de taper ces lignes, le clavier offert n’est qu’en anglais seulement. La mise à jour 1.13 qui pour taper en « anglais international » qui permettra de taper les accents (les caractères diacritiques), prévue pour février, a été retardée.

Ajout : avec la mise à jour 14.3.2 on peut maintenant utiliser la touche alt gr pour taper les accents et les caractères spéciaux suivants :

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Pour écrire en français, il manque donc le à, è et où.

Pour l’instant, l’Alpha n’a qu’un seul clavier logiciel (keyboard layout) – contrairement autres Freewrite, qui ont plus de 85 claviers alternatifs (dont français Canada multiligue). Pour l’instant, rien n’indique qu’ils seront offerts (et avec la capacité de stockage limité, c’est très incertain). Une très grosse lacune pour ceux qui tapent dans une autre langue que l’anglais. En attendant les claviers internationaux, il faudra réapprendre à taper, en utilisant la touche alt gr pour créer les lettres accentuées.

Une mise à jour pourrait aussi régler le délai (lag) quand le texte se sauvegardeautomatiquement lorsque le texte atteint une certaine longueur, qui est rapporté par plusieurs utilisateurs.

Jusqu’à 100 heures d’autonomie

La recharge se fait par un port USB C; on promet plus de 100 heures d’autonomie. J’aurais aimé qu’on utilise des piles rechargeables AA faciles à remplacer en cas de besoin plutôt qu’une pile intégrée, comme dans l’Alphawrite.

Combien coûte l’Alpha ?

Les appareils d’Astrohaus ont des prix élevés. Même leur modèle d’entrée de gamme est coûteux : environ 491 CAD. Il est offert en noir ou en blanc. C’est très cher payé pour un appareil aussi simple en 2024, surtout si l’expérience logicielle n’est pas (pas encore ?) au point, et surtout, sans configurations de clavier alternatives/internationales. En attendant, le Traveler ou le Freewrite sont peut-être de meilleures options pour ceux qui veulent écrire sans distraction.

Je garde espoir. J’aimerais beaucoup utiliser l’Alpha pour écrire mon journal

Est-ce que le Freewrite Alpha est pour moi ?

Une dactylo minimaliste et sans distraction peut être la solution miracle pour enfin écrire. Mais est-ce vraiment l’outil qu’il le faut ? On peut faire l’expérience d’écrire de façon minimaliste gratuitement avec le site Sprinter, qui reproduit l’expérience de taper avec une Freewrite, avec sa configuration de clavier favori. C’est peut-être suffisant pour se discipliner à écrire… Et économiser le prix d’achat d’un appareil qui prendra rapidement la poussière en raison de ses fonctions limitées !

P.

By Pascal Forget

Formateur. Animateur. Podcasteur, chroniqueur et journaliste en technologie et en science.