Freewrite Traveler – le rêve d’écrire sans distraction

Le Freewrite Traveler est un rêve pour le minimaliste: c’est une dactylo avec un écran en papier électronique. Ce n’est pas seuelement un outil pour l’aspirant écrivain qui rêve d’écrire un roman. Il peut aussi être utile à ceux qui ont envie d’écrire sans distraction… et ceux dont la productivité y gagnerait.

Freewrite traveler minimaliste écrire
On entre le mot de passe et on écrit

Ce n’est pas une alternative à un laptop. Comme la tablette reMarkable, le Freewrite Traveler est un outil spécialisé qui fait très bien une chose: écrire. Il n’y a pas de jeux, d’applications ou d’options de mise en page pour se distraire.

Un deuxième affichage sous le texte peut afficher le nombre de mots, de caractères et le temps de lecture, l’heure, ou un chronomètre qui indique le temps passé à écrire. Il est dommage que le chronomètre retombe à zéro si jamais on appuie sur le bouton par mégarde! On peut aussi choisir de ne rien afficher, pour un maximum de minimalisme.

Quand on a envie d’écrire, le démarrage est quasi instantané; il n’y a qu’à entrer son mot de passe pour se remettre à taper là où l’on s’était arrêté. Pour passer à un autre document en cours, il suffit d’appuyer sur la touche A, B ou C. On ne peut jongler qu’entre trois documents en cours.

Pas besoin de penser à la sauvegarde. Si la connexion wifi est activée, les fichiers seront envoyés dans son compte Google Drive, DropBox ou Evernote.

Révision et relecture à prévoir

Freewrite traveler

Si l’écran en papier électronique est très lisible, il réagit beaucoup moins rapidement qu’un écran LCD ou OLED. J’attends souvent que le texte s’affiche après avoir tapé! (Même si je pratique mon doigté, je ne tape pas particulièrement vite.) On découvre souvent les fautes de frappe après avoir terminé sa phrase. On pourra utiliser les touches avec des flèches pour se déplacer dans le texte pour faire des corrections, ce qu’il n’était pas possible de faire avec le Freewrite original. Mais ce n’est pas très rapide, ni aussi simple qu’avec un écran tactile. Pour rester dans le flow, j’ai vite laissé passer les erreurs et retapé des phrases plutôt que de revenir en arrière.

Il faudra donc prévoir relire attentivement un texte composé avec le Freewrite. Le réorganiser, aussi, puisque copier-coller pour déplacer des bouts de texte n’est pas possible.

Frappe confortable

Freewrite traveler écran papier électronique

Le clavier utilise des touches en ciseau avec un bon jeu: la frappe est agréable. Il y a en plus deux touches rouges « New » pour créer de nouveaux documents et une touche Special pour passer d’une option d’affichage à l’autre. Une touche Send envoie une copie du document en cours à son adresse de courriel, en format texte et PDF.

En plus du clavier, le Freewrite Traveler a 7 boutons. Trois pour accéder à des dossiers (qui peuvent être associés à des comptes différents), trois pour gérer la connexion wifi et un pour l’allumer et l’éteindre.

Autonomie et poids

En raison de son petit écran, l’appareil prend la moitié de la place d’un ordinateur portable. Il pèse 1,6 livre (725 grammes). La recharge se fait par un port USB C. L’autonomie annoncée est d’une trentaine d’heures, et la charge se conserve bien en mode veille.

L’écran n’est pas éclairé, les touches du clavier non plus. Il ne sera pas possible d’écrire dans le noir.

Écrire avec le Freewrite Traveler

J’ai écrit le premier jet de ce billet avec le Freewrite Traveler. J’ai trouvé l’expérience à la fois libératrice… et frustrante. Quand on accepte que revenir en arrière est difficile et qu’une révision sera nécessaire, on tape beaucoup plus efficacement. En revanche, j’ai dû parsemer mon texte de symboles indiquant qu’une information était manquante. Il faudra aussi ajouter le formatage (titres, surlignés, caractères gras, hyperliens…) plus tard – à moins d’utiliser le language Markup.

Le Freewrite Traveler est un superbe outil qui donne envie d’écrire juste à le regarder. Son fini noir piano est très luxueux! Pour rédiger son journal intime, composer des premiers jets ou même son futur chef-d’œuvre de la littérature, c’est un très bel objet.

Son prix coupe toutefois l’inspiration: il est 762 CAD, plus cher que bien des ordinateurs portables. Même en solde à 546 CAD, il faut être un utilisateur très motivé pour en justifier l’achat. Surtout qu’il faudra attendre mi-20121 pour le recevoir.

Si l’habit ne fait pas le moine, l’outil ne fait pas l’écrivain. Comme disait Queneau, c’est en écrivant qu’on devient écriveron. Prendre du temps sans distraction pour écrire est le plus important.

P.

pascalforget

Chroniqueur et journaliste en technologie et en science.