Facebook Files, ministère de la cybersécurité et plus

Un ministère de la cybersécurité au Québec, Facebook Files, la vitrine d’actualité Google, le vocabulaire de la cybersécurité en français et plus…

Un ministère de la cybersécurité au Québec

Le premier ministre Legault a annoncé la semaine dernière la création d’un ministère de la cybersécurité. Le principe est noble – protéger les données et former de bons citoyens numériques est fondamental. Une chose dont il faudra tenir compte: les menaces informatiques bougent tellement vite, et se soucient peu des cadres, des axes et des stratégies, surtout si elles mettent des années de discussion et de compromis avant de se mettre en place.

D’autant plus que de trouver du personnel hautement qualifié au privé n’est pas facile; les attirer au public ne sera pas de la tarte.

Il faudra s’inspirer d’Israël, un des pays les plus avancé dans la cybersécurité. Leur cyber directorat relève directement du Ministre. Il offre dans le pays une aide aux entreprises, avec un plan clair pour protéger les infrastructures stratégiques, mais aussi les données des citoyens et des entreprises.

Une chose qu’on souhaite est la création d’une carte d’identité universelle – qui éviterait d’avoir un permis de conduire, une carte d’assurance sociale, une carte d’assurance maladie, un passeport, un passeport vaccinal…

Les Facebook Files… Mais quel impact?

On a beaucoup parlé des Facebook Files, des milliers de documents fuités par Frances Haugen, une ancienne employée de Facebook. On y apprend dans que le profit passait trop souvent devant les intérêts des utilisateurs, et que sans surprise, du contenu polarisant – même faux, comme des messages anti vaccin – étaient plus payants que du contenu sérieux, et qu’il n’a pas été filtré par l’entreprise, contrairement à ses politiques. Dans un document interne, on prévient même que les algorithmes du site semblent conçus pour amplifier la désinformation et le discours haineux.

Non seulement les systèmes de modération du contenu sont mal conçus, mais ils étaient mal traduits dans plusieurs langues autre que l’anglais dans des pays à risque, comme l’Afghanistan.

On apprend même que Facebook a fait des essais pour éliminer son algorithme de recommendation de nouvelles aussi récemment qu’en 2018… Et il semble que ça augmentait ses revenus: les visiteurs voyaient plus de publicités parce qu’ils passaient plus de temps à chercher du contenu intéressant.

L’impact sur Facebook de toutes ces révélations? Pas grand chose.

L’entreprise attend de bons résultats financiers. Pour rassurer les investisseurs, Mark Zuckerberg a mentionné dans un appel aux investisseurs que l’entreprise allait cibler davantage les jeunes, qui délaissent Facebook pour TikTok.

Facebook va en dire plus sur son projet de Metaverse aujourd’hui dans son événement Connect.

Vitrine d’actualité Google au Canada

Un pas dans bonne direction pour s’éloigner de la désinformation, Google lance la Vitrine actualités au Canada, question de mettre de l’avant du contenu crédible. C’est un partenariat avec plusieurs médias, donc plusieurs canadiens et québécois, entre autres les Coops de l’information, Le Devoir, Métro Média. Le partenariat fait partie d’un investissement d’un milliard USD avec plus de 1000 publications. Avantage du programme, liens mènent aux sites des médias – question qu’il puissent générer des revenus en abonnements, par exemple (l’information n’est pas gratuite; contrairement aux « influenceurs », les informations publiées ne sont pas payées directement par les entreprises). On combine ça avec des initiatives pour former 5000 étudiants en journalisme au Canada dans les trois prochaines années, pour renforcer leurs compétences numériques.

Vocabulaire en français de la sécurité informatique

L’Office québécois de la langue française propose un vocabulaire de la sécurité informatique. On propose d’utiliser tatouage numérique plutôt que du digital watermarking, pixel espion plutôt que tracking pixel ou Web bug, et simplement le beau mot français canular plutôt que hoax, que je vois trop souvent, particulièrement dans les sites français… De beaux mots à apprendre, ne serait-ce que pour se sensibiliser à la cybersécurité!

P.

pascalforget

Chroniqueur et journaliste en technologie et en science.