Radar Pace d’Oakley: un entraîneur dans ses lunettes

J’ai décidé de faire le marathon de Montréal cette année. La vraie affaire de 42,2 kilomètres. J’avoue, je juge sévèrement ceux qui font un « marathon de 10 kilomètres »: marathon n’est pas synonyme de course à pied!

Je me suis dit qu’un peu de compagnie serait agréable pendant les longues courses nécessaires pour franchir le fil d’arrivée en un temps respectable. J’ai donc demandé de faire l’essai des Radar Pace d’Oakley, des lunettes avec un entraineur intégré.

(On peut aussi utiliser les Radar Pace pour s’entrainer en vélo.)

Ce sont des lunettes au look caractéristique d’Oakley, qui donnent un air de Terminator en protégeant les yeux du soleil, du vent et de la poussière. Le clip pour le nez est très bien pensé, elles tiennent bien en place. Les verres sont interchangeables: le kit vient avec des Prizm Road très efficaces et des verres transparents (pour s’entrainer le soir ou quand c’est nuageux).

Deux deux petits écouteurs articulés s’attachent aux branches lunettes avec une prise micro USB. Une fois en place, pas de risque que les écouteurs tombent. On peut les placer plus ou moins profondément dans ses oreilles, ou même en utiliser un seul, ce qui est plus poli si on s’entraine avec un ami.

Créer son entrainement

La première étape de la configuration permet de choisir un entraineur qui nous parle en français. On peut partager les données récoltées par les lunettes avec les services Runkeeper ou Strava. J’ai beaucoup aimé la facilité avec laquelle on peut créer un entrainement pour un objectif précis: un marathon le 24 septembre, par exemple. L’application génère un programme adapté, incluant des longues courses, des objectifs de montées et des intervalles de vitesse. D’ailleurs, le coach virtuel semble obsédé par les côtes, nous félicitant chaque fois qu’on monte quelques mètres. On peut indiquer le nombre d’entrainements qu’on veut faire par semaine, et la journée de sa longue course.

Si on a déjà un programme? Malheureusement, on ne peut pas l’entrer manuellement.

Avec son téléphone

Les lunettes ne sont pas autonomes; on doit les utiliser avec son téléphone pour profiter des fonctions d’entrainement ou écouter de la musique. Et rien n’est affiché dans l’écran. On peut taper ou glisser son doigt sur la branche gauche des lunettes pour changer le volume ou répondre à un appel, mais autrement, toute l’interaction avec l’entraineur virtuel se fait vocalement.

Parler à ses lunettes

Une fois les lunettes associées par Bluetooth à son téléphone, on peut à tout moment dire « OK Radar » pour entendre plus d’informations sur sa course. On peut demander:

  • Mes capteurs sont-ils connectés?
  • Quelle distance devrais-je parcourir?
  • Quelle est l’importance des côtes?
  • Quelle heure est-il?

Et surtout « Démarre l’entrainement ». Pas besoin d’appuyer sur un bouton: les lunettes détectent le moment où on commence à bouger.

On peut aussi connecter un cardiofréquencemètre aux lunettes, et demander quel est notre rythme cardiaque.

Un entraineur souvent distrait

Il faut parfois interpeler plusieurs fois l’entraineur avant qu’il ne réponde. Et dire à haute voix « OK Radar » quand il y a du monde autour… c’est gênant. On peut taper le côté de ses lunettes pour attirer son attention, mais il faut quand même poser la question à voix haute.

Autonomie limitée

On annonce une autonomie allant jusqu’à quatre heures, ce qui ne laisse pas beaucoup de réserve si on oublie de les charger une journée ou quand on s’entrainer pour un marathon. Mais avant qu’un entrainement se termine, les lunettes se sont éteintes, après moins d’une heure 30, alors qu’elles étaient en charge pendant 9 heures. J’ai échappé un énorme juron quand j’ai entendu les lunettes s’éteindre. Bye-bye mes données d’entraînement!

(Étrangement, on insiste pour qu’on utilise le fil de recharge USB Oakley pour éviter d’endommager les lunettes.)

Désenchantement: pas d’entrées manuelles

Le programme d’entrainement s’ajuste en fonction de notre vitesse et de nos activités. Si on rate une longue course, on nous proposer de la faire la journée suivante; on nous indique si on court trop vite dans une journée de récupération. Mais on ne peut pas entrer manuellement d’entrainements! Les données sont faussées si on court sans les lunettes. Même chose si les lunettes s’éteignent avant la fin de la course, ou si l’application plante pendant son entrainement!

Et ça plante…

L’application ne semble pas (encore?) compatible avec Android 7. L’application redémarrait après quelques kilomètres… Et l’entrainement n’était pas enregistré. Ça fonctionne avec un téléphone qui a encore Android 6. Espérons qu’une mise à jour règle rapidement la situation. (Je n’ai pas encore fait l’essai avec iOS.)

J’ai fait l’essai du modèle Radar Pace pour homme, qui coute 570$. Il faut s’entrainer sérieusement pour que ça en vaille la peine… mais pas trop longtemps, en raison de l’autonomie. Et être optimiste que des mises à jour vont rapidement régler les problèmes. Parce que pour l’instant, les Radar Pace sont un entraineur brillant, attachant, plein de potentiel et généreux de ses conseils… Mais sur lequel on ne peut se fier complètement. Et c’est vraiment dommage!

(Je vais mettre à jour le billet si des mises à jour corrigent les problèmes.)

P.

P.S. Heureusement, j’ai couru avec l’increvable montre Runsense d’Epson.